Voici la septième édition du collectif de blogueurs né sous la férule de notre ami Z. Ce rendez-vous trimestriel tombe, et ce n’est pas un hasard, le jour de la Fête de la Musique. Et même si cet événement semble petit à petit se vider de son essence, il n’en reste pas moins qu’une séance d’écritures parallèles s’imposait aujourd’hui. Nous avons choisi un thème commun, celui de la voix et des chanteurs (ou chanteuses) sans nous imposer d’autres contraintes. Ici, il sera question d’un sacré bonhomme : monsieur Kurt Elling, et plus particulièrement d’un album inoxydable : Man In The Air.
Cette histoire est aussi, et surtout peut-être, celle d’un processus d’éducation qui n’a pas suivi son cours normal. Il y a dans tout cela comme une réjouissante inversion, qui devrait convaincre tout parent de ne jamais désespérer de ses enfants. Quel rapport avec le sujet qui nous occupe aujourd’hui ? Laissez-moi le temps de vous expliquer… Peut-être parmi vous se trouve-t-il des humains qui ont la chance d’être père ou mère et qui considèrent comme logique que la transmission de la connaissance se fasse avant tout dans un sens descendant, celui qui va de l’expérience parentale vers ce terreau très fertile et spongieux qu’est l’enfance. Les enfants apprennent de leurs parents, c’est normal, il en a toujours été ainsi. Ne croyez pas cependant que cette belle mécanique éducative puisse ne jamais connaître d’inflexion. car vient un jour où, imperceptiblement, vous percevez comme un début de modification du trajet usuel. Ainsi, alors que vous vous piquiez depuis trente ans de parler un bon anglais, celui qui vous avait valu une note maximale au baccalauréat, vous devez admettre que les mots ne vous viennent plus aussi naturellement qu’au temps de vos années lycée, pas plus que la construction des phrases dont vous êtes certains qu’elles sont bien plus complexes qu’autrefois. Alors vous considérez le cas de votre fille, entre temps devenu experte en ce domaine, et vous l’interrogez pour savoir comment elle traduirait au mieux tel ou tel terme. Pire encore : ayant une phrase ou tout un texte à traduire, vous vous avouez qu’il est beaucoup simple de lui demander d’exécuter la tâche, sachant qu’elle vous rendra une copie parfaite, quand la vôtre n’aurait été qu’approximative et source de questionnements à n’en plus finir. C’est un peu comme si vous n’étiez plus totalement un père : ces rejetons en savent plus que vous… C’est pareil pour la musique : vous avez passé un nombre déraisonnable d’heures, depuis votre enfance, à écouter des disques, vous forgeant une culture taillée dans un pragmatisme sincère. Un compost intérieur dont vous revendiquez fièrement la paternité, même si vous n’en ignorez pas la drôle de composition. N’empêche, cet engrais-là, vous l’avez façonné minutieusement, avec le temps comme premier allié. A cinquante balais, vous vous dites que le bilan n’est pas si désastreux : vous avez vécu les heures chaudes des seventies, celles du rock, du rock progressif, du jazz-rock anglais. Plus tard, les circonstances vous auront appris les beautés d’autres musiques, beaucoup plus anciennes (que vous aurez peut-être entendu définir comme classiques) ou au contraire prétendues contemporaines. Un chemin doré, dont les victimes des piètres années 80 ne peuvent imaginer la richesse, au point que bon nombre de très jeunes gens viennent y puiser leur inspiration, aujourd’hui plus que jamais. Un beau jour, vous aviez à peine plus de 25 ans, vos tympans ont été vitrifiés par le saxophone de John Coltrane jouant « My Favorite Things » en octobre 1960. Comme un explorateur, vous avez fourré méthodiquement le nez dans le moindre recoin de sa discographie, y trouvant une pépite dans chaque cavité et vous savez qu’en touchant du doigt ce trésor, vous vous êtes compliqué votre tâche future en prenant le risque de ne jamais en retrouver l’équivalent contemporain. Au risque d’être gagné, souvent, par un sentiment de déception. Comment dire plus et mieux que « Love » ou « Joy », extraits des First Meditations For Quartet ? Votre fils, dont les oreilles n’ont pu être épargnées par cette boulimie quotidienne, a contracté un drôle de virus, celui qui fait de lui un Musicien et déclare ne savoir rien être d’autre. Le voilà qui empile toutes sortes de saxophones dans sa chambre, alto, ténor, soprano… Même la flûte et la clarinette trouvent leur place parmi ses outils de travail, poussées peu de temps après par manque de place par une bizarrerie électronique appelée EWI. En attendant, certainement, d’autres congénères… Et voilà même qu’il se paie le luxe de vous faire découvrir des artistes dont vous ignoriez l’existence. Lui qui, si jeune, il n’avait alors que 19 ans, avait glissé sur votre platine une galette signée d’un chanteur à la voix presque rabelaisienne. Et vous avait laissé interloqué…Man In The Air, disque rouge et flamboyant enregistré par Kurt Elling pour le label Blue Note, excusez du peu. La belle claque ! Vous tombez instantanément sous le charme de sa reprise de « Minuano », aérienne comme l’était la version originale de Pat Metheny. Quelle voix ! Chaude, puissante, une mise en place de fer, ce type-là n’est pas comme les autres… car s’il est vrai que le jazz a enfanté beaucoup de chanteuses depuis le début de son histoire, il n’en va pas de même pour les chanteurs, beaucoup plus rares au fil des décennies, même si quelques uns vous viennent à l’esprit dans la longue liste de ceux qu’on vous a dressée : non sans avoir préalablement fait passer aux oubliettes les Peter Cincotti ou Michael Buble, trop tendres pour ne pas dire insipides, vous pensez à Nat King Cole, Cab Calloway, Franck Sinatra, Johnny Hartmann, et plus récemment Al Jarreau, Bobby McFerrin l’inimitable ou l’hyper sensible David Linx. Mais ce Kurt Elling, c’est quand même un sacré bonhomme !!! Man In The Air, enregistré en 2003, vous donne à entendre une autre reprise pas piquée des hannetons : les premières mesures de « Time To Say Goodbye » ne vous sont pas étrangères en effet… Bon sang mais c’est bien sûr, voilà que ce type s’attaque à Weather Report, et plus précisément à ce beau thème de Joe Zawinul appelé « A remark You Made », qu’on trouve sur l’album Heavy Weather, dans la foulée de ce succès planétaire que fut « Birdland ». Une reprise habitée, chaleureuse, une mélodie sur laquelle ont été comme déposés des mots qui paraissent lui avoir appartenu depuis toujours (je précise ici que « A Remark You Made » est une composition instrumentale).
Et puis… l’impensable ! Sur les notes de la pochette, vous avez lu : « Resolution ». Attendez, ce type n’a quand même pas osé ! LE « Resolution » de Coltrane, l’un des mouvements de A Love Supreme, l’album OVNI ? Pas de doute, Kurt Elling s’est attaqué à ce monument, sans le moindre complexe. Il a inventé des phrases qui viennent épouser le thème en toute liberté et… réussi le tour de force consistant à écrire des paroles œcuméniques sur le chorus de saxophone, convoquant toutes les religions à une grande Fête, sans qu’un seul instant on ne soit tenté de crier au blasphème. C’est un pur moment de magie.
Comme tout le disque, d’ailleurs. Celui d’un chanteur virtuose de son propre instrument, cette voix qui vous emporte, en un grand souffle bienfaiteur.
Ah, Coltrane, quand tu nous tiens… Après ce brillant numéro d’équilibriste qu’était l’écriture d’un texte sur le chorus de « Resolution », Kurt Elling récidive aujourd’hui et revisite une fois encore l’univers du saxophoniste. Car, en effet, comment ce chanteur pouvait-il ne pas être sensible à ces instants magiques enregistrés en 1963 et qui donnèrent naissance à l’un des plus beaux disques de l’histoire du jazz, John Coltrane & Johnny Hartmann ? Qui n’a jamais prêté un bout d’oreille à « Autumn Serenade », « Lush Life » ou tout autre des six chansons du disque (une septième, « Afro Blue » fut enregistrée, mais malheureusement pas publiée…) se prive d’une page essentielle de l’histoire du jazz et ne peut comprendre comment, fatalement, cette parenthèse enchantée devait hanter Kurt Elling. Et le chanteur, lui, va faire beaucoup plus qu’évoquer ce disque majeur : avec Dedicated To You, il nous offre une reprise intégrale de l’album à laquelle il ajoute d’autres ballades immortalisées par John Coltrane (comme « They Say It’s Wonderful » ou « It’s Easy To Remember »). L’album est dans les starting blocks, sa sortie étant annoncée pour la fin du mois, c’est-à-dire… maintenant. Je file l’acheter sans attendre. Ne bougez pas, je reviens pour vous en parler ! A tout de suite… Et encore merci à Mad Jazz Boy !
Discographie de Kurt Elling
Ce texte est écrit autour de ma rencontre avec le disque Man In The Air. Mais, on s’en doute, Kurt Elling en a bien d’autres à son tableau de chasse. Vous pouvez lui faire confiance, c’est du haut vol…
1995 – Close Your Eyes (Blue Note)
1997 – The Messenger (Blue Note)
1998 – This Time It's Love (Blue Note)
2000 – Live In Chicago (Blue Note)
2001 – Flirting With Twilight (Blue Note)
2003 – Man In the Air (Blue Note)
2007 – Nightmoves (Concord)
2009 – Dedicated To You (Concord)
En écoute, un extrait de « Resolution »
En plus : les autres textes du Z Band
> Jazz Frisson : Karen Young
> Jazz à Paris : Jazz Divas
> Jazz O Centre : Mythologies de Patricia Barber
> L’Ivre d’Images : La tambouille vaudou d'Anthony Joseph and the spasm band
> Mysterio Jazz : Jeanne Lee
> Ptilou’s blog : Elizabeth Kontomanou
En prime : les paroles de Kurt Elling sur « Resolution »
> Jazz à Paris : Jazz Divas
> Jazz O Centre : Mythologies de Patricia Barber
> L’Ivre d’Images : La tambouille vaudou d'Anthony Joseph and the spasm band
> Mysterio Jazz : Jeanne Lee
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En prime : les paroles de Kurt Elling sur « Resolution »
« God - king above all other gods - lead us now, so we can walk wherein the prophets said that we would trod.
Buddha - tell a sutra like a spell - teach us well to answer silence with the calling of bells.
Allah - bring us to a good alarm - subjugate our wills to answer you like a mighty arm.
Elohim is a pillar of light in the dark and leading all his people to light (for He's the king of the fire).
He brings the fire into everything that's living on earth, in the sun, in the stars.
Take a spark of it - deep within you - put it to the test - it will do the rest -
I confess - It will be like climbing up Mount Everest - I can't express the view from there - but it's for you to follow through.
Lama - show the Power's bright array - bless the climb, and settle peace upon the universe's dark display.
And Jesus - remember every promise made - Present yourself in the middle of the prayers that we say.
Vishnu - preserve us all along the way - Keep us clear of the final thunderbolt of the judgement day.
Hear me - Hear what I - what I ask for today - Fathers.
Way off at the far leftern shelf of the world - up in a house right on the edge of everything - where the time is tumbling in a vortex - the nexus of timetable tides - in the final lighthouse at shining earth's ending - at the spinning of the finishing of sweeping time - driving silence like a stampeding careening wash in charging advance digging the sound of passing everything away into the secret of eternity's pivot dance breaking down crashing doorways - bashing through dreamplace - smash, unlash, efface - everything goes to the open mouth of Kali-ma - where the vault of heaven opens a witness as lonely as forgotten tears keeps up a vigil watching all - even light - go out one witness - one child digging the slaving wheel of meat spitting out - taking up - everything - by the roots pulling out - the lot of what has passed into the past, like a dream. She knows what is gone - gone over - everyone that is done - and unbegun and starting from the super-microcosmic no bug all the way to super-huge galactic suns - and she knows the beginning - is coming in the sweep at the end of all. Even gods have passed over, away. Then, one day the shadow of a priest on the horizon appeared.
He wasn't taken up into the swirling.
He walked with purpose, all the while digging his heels into the bedrock like a man.
But as he came into view the witness saw his eyes were crying.
Tears like blood fell to earth - as he watched heaven disappear in the void - up the drain into the paraboloid - realizing it all - everything -everywhere -into his eyes - seeing that all - he had beloved - went out of itself and away - here in this last ever surge of a day tearing all meaning away - and to the witness's indifference he had this to say: "I know about birth. I know about death, and how the light goes out of men - the life departing – powerless giving it up - but in the vast indifference I invent a deeper meaning.
I'm the one who will say 'use the will every day or go mad trying - go to war against the impotent side of living.
Use every power you're given to stand and act like a man.
And pray -- every day to every god - strike the bowl of heaven and the ringing will become a law.
Build - bridges where you need to go - bring the fire of enlightenment here to life below.
Speak - mercy to the things you meet - listen up to hear the whispering of the blood you bleed.
Stay awake - no mistake - dance the dream awake - and awake. »
Buddha - tell a sutra like a spell - teach us well to answer silence with the calling of bells.
Allah - bring us to a good alarm - subjugate our wills to answer you like a mighty arm.
Elohim is a pillar of light in the dark and leading all his people to light (for He's the king of the fire).
He brings the fire into everything that's living on earth, in the sun, in the stars.
Take a spark of it - deep within you - put it to the test - it will do the rest -
I confess - It will be like climbing up Mount Everest - I can't express the view from there - but it's for you to follow through.
Lama - show the Power's bright array - bless the climb, and settle peace upon the universe's dark display.
And Jesus - remember every promise made - Present yourself in the middle of the prayers that we say.
Vishnu - preserve us all along the way - Keep us clear of the final thunderbolt of the judgement day.
Hear me - Hear what I - what I ask for today - Fathers.
Way off at the far leftern shelf of the world - up in a house right on the edge of everything - where the time is tumbling in a vortex - the nexus of timetable tides - in the final lighthouse at shining earth's ending - at the spinning of the finishing of sweeping time - driving silence like a stampeding careening wash in charging advance digging the sound of passing everything away into the secret of eternity's pivot dance breaking down crashing doorways - bashing through dreamplace - smash, unlash, efface - everything goes to the open mouth of Kali-ma - where the vault of heaven opens a witness as lonely as forgotten tears keeps up a vigil watching all - even light - go out one witness - one child digging the slaving wheel of meat spitting out - taking up - everything - by the roots pulling out - the lot of what has passed into the past, like a dream. She knows what is gone - gone over - everyone that is done - and unbegun and starting from the super-microcosmic no bug all the way to super-huge galactic suns - and she knows the beginning - is coming in the sweep at the end of all. Even gods have passed over, away. Then, one day the shadow of a priest on the horizon appeared.
He wasn't taken up into the swirling.
He walked with purpose, all the while digging his heels into the bedrock like a man.
But as he came into view the witness saw his eyes were crying.
Tears like blood fell to earth - as he watched heaven disappear in the void - up the drain into the paraboloid - realizing it all - everything -everywhere -into his eyes - seeing that all - he had beloved - went out of itself and away - here in this last ever surge of a day tearing all meaning away - and to the witness's indifference he had this to say: "I know about birth. I know about death, and how the light goes out of men - the life departing – powerless giving it up - but in the vast indifference I invent a deeper meaning.
I'm the one who will say 'use the will every day or go mad trying - go to war against the impotent side of living.
Use every power you're given to stand and act like a man.
And pray -- every day to every god - strike the bowl of heaven and the ringing will become a law.
Build - bridges where you need to go - bring the fire of enlightenment here to life below.
Speak - mercy to the things you meet - listen up to hear the whispering of the blood you bleed.
Stay awake - no mistake - dance the dream awake - and awake. »


12 commentaires:
Ah il faut absolument que j'écoute cette reprise du thème de Joe Zawinul !
Quant à l'inversion éducative, j'en donne un exemple cuisant avec "mon" post dû à la plume du fiston.
Je me demande si, finalement, mon blog ...
Bravo : avec ton papier (il est bien de toi, non ?) tu offres une belle surprise avec ce Resolution. Foutus gosses !
@Ptilou ; tu peux y aller, tu ne seras pas déçu et compte sur moi pour parler de "Dedicated To Yoi" que je viens de commander aux Etats-Unis. Il fera l'objet d'une chronique pour Citizen Jazz.
@Dolphy00 : c'est sympa, cette conjonction de nos blogs sur la relation père-fils. Et, oui, c'est promis, l'article est bien de moi !!!
Cher maître,
Voilà un billet qui me réjouit grandement!
Il y a longtemps que je suis la carrière de Kurt, que je considère comme le plus grand chanteur jazz masculin actuel!
Je seconde ta recommandation: tous ses albums sont à se procurer!
J'ai vu Kurt en spectacle à Montréal et quel individu d'une gentillesse et d'une générosité exceptionnelle!
Sa profonde compréhension de l'oeuvre de Coltrane n'est guère étonnante quand on sait que Kurt est un gradué de la University of Chicago Divinity School, dévouée à l'étude des religions et de leur influence sur les cultures du monde.
Excellent billet cher ami!
Comme je me retrouve dans ce que tu dis, moi qui ai été ado dans les sinistrées années 80 et qui me sent bien seul parmi l'immense majorité, de mon age, nostalgique de ces années là ! Kurt Elling, je vais fouiller... La voix m'a paru tout d'abord agaçante, puis l'extrait m'a paru trop court. Comme quoi, il faut toujours aller au delà de la première écoute !
"...vous avez passé un nombre déraisonnable d’heures, depuis votre enfance, à écouter des disques"
Ah bon sang que c'est vrai!
C'est effarant quand on y pense...
OuaiPs!
Il est très beau ce Kurt Elling.
C'est même sans doute le meilleur à ce jour.
C'est bien sûr celui-là qu'il y a la reprise de "Tanya" de Dexter Gordon?
Superbe note, en tous les cas!
Non, ce n'est pas sur "Man In The Air" mais sur "The Messenger", sorti en 1997.
Alors là je dis «bravo» et je suis ravie de cette découverte! et je suis allée avec plaisir au bout de ton texte, même si bien entendu je ne connaissais presque rien du sujet (si si , je connaissais Coltrane! non mais des fois!!)
Salut, comment ça va?
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Joseph
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Bel été placé sous le signe de la littérature et du bien-être. Pascal, journaliste et auteur.
Pourquoi as-tu supprimé ton autre blog lignt ? C'est dommage.... bon week end.
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